Choisir son atelier d'écriture

par Didier Austry
Pourquoi participer à un atelier d'écriture d'une semaine entière ? D'ailleurs, pourquoi participer à un atelier d'écriture ? Et même, pour quoi écrit-on ?

Il y a ceux qui n'écrivent pas et qui en rêvent. Il y ceux qui écrivent un peu, qui tiennent par exemple de temps en temps un journal personnel. Il y a ceux qui se lancent parfois dans un récit, seuls ou en atelier d'écriture. Or un beau jour l'appel grandit et finit par se faire impérieux ! Ce que l'on porte en soi demande à se partager.

Devenir écrivain, ou juste un écrivant (Roland Barthes), une idée qui fait peur ? Voilà les questions auxquelles cet article propose des pistes de réflexion plus que des réponses. Avec comme première idée de décrire ce qu’offre un atelier d’écriture.

Une histoire d’atelier d’écriture

La première fois que j’ai passé la porte d’un atelier d’écriture, c’était il y a deux ans, aux ateliers d’écriture Bing (http://www.elisabethbing.fr/). Je ne voulais pas devenir écrivain, cela me semblait prétentieux (n’est-ce pas !). Je voulais juste me libérer de ce poids traîné depuis l’adolescence : me prouver que je pouvais écrire. Non pas des textes scientifiques ou professionnels, cela je savais le faire. Il s'agissait d'écrire pour la joie simple de raconter.

Première consigne, première contrainte, que raconter ? Vais-je y arriver ? Premier début d’idée, je me jette à l’eau, je suis venu pour ça. Et le texte coule, les mots viennent, le plaisir, la surprise, mon histoire se dévoile et se découvre, je ne me suis plus arrêté. Je m’autorisais, je me découvrais « écrivant » (Roland Barthes).

Écrire pour se faire plaisir, pour partager et pour être lu

Passés les premiers moments d’émotion, j’ai découvert le plaisir de partager mes écrits, d’écouter les récits des autres participants, et de voir combien ce partage était riche et formateur. Alors est-ce écrire, être lu, ou partager qui nous fait écrire ?

Au bout d’un an, j’apprivoisais mon écriture, d’un thème à l’autre, dans l’humour, le tragique, l’intime. Et, encore plus surprenant, à la sortie d’un atelier, je partais avec un vrai sujet de roman, une ambition, une envie, un projet. J’assumais, je me découvrais écrivain, je m’autorisait à devenir écrivain.

Oser écrire

D’abord, je tiens à dire d’emblée, écrire ne tient pas d’un don, même si le talent existe bien sûr. Écrire demande de l’entrainement, de la ténacité, de l’envie et, surtout de se faire accompagner. L’atelier d’écriture permet à tout un chacun de s’exercer, de pratiquer, de dépasser ses première peurs, et même de se découvrir soi dans son écriture.

Alors, si l’envie est là, calfeutrée depuis longtemps dans un coin secret de votre cœur, et que vous vous décidez à l’écouter, tenter un atelier est un bon moyen de franchir le premier pas ! Et, comme le dit le proverbe, la seule façon d’échouer est d’abandonner avant d’avoir réussi…

Pourquoi écrit-on ?

Cette question me taraude depuis fort longtemps, elle est même au final pour moi de l’ordre du mystère… écrit-on pour soi ? pour les autres ? pour laisser une trace ? C’est aussi une belle consigne pour démarrer un atelier d’écriture ! J’aime beaucoup, par exemple, cet extrait d’un atelier lycéen (Ateliers Lycéens de Bordeaux) qui fournit toute une palette des raisons d’écrire :

On écrit pour soi quand on a peur de se dévoiler aux autres.

On écrit pour les autres quand on commence à croire en soi.

On écrit parce qu’on a peur.

On écrit pour sortir de sa bulle ou s’y enfermer.

On écrit pour communiquer avec l’extérieur si on est prisonnier.

On écrit pour rester dans notre intimité sans pour autant se fermer.

On écrit pour oublier son monde, sa vie, sa réalité. (…)

On écrit pour apporter l’espoir, pour faire rire, pleurer.

On écrit pour parler, pour voir, pour sentir, pour entendre, pour toucher.

On écrit pour raconter. (…)

Je me demande si je n'écris pas aussi pour continuer cette liste sans fin !

Que trouve-ton dans un atelier ?

Des pratiques d’écriture bien sûr, mais pas seulement !

En m’appuyant sur le travail de Jacques Hillion (Hillion, J., Écriture et processus de transformation. Master en Psychopédagogie perceptive, Université Fernando Pessoa, Porto, 2010. Accessible ici sur le site du Cerap, les ateliers offrent principalement de :

  1. Apprivoiser l’écriture. « Passer de la crainte au plaisir, et de la confusion au sens » (J. Hillion) ; jouer, explorer, dépasser la contrainte du « bien écrire » ! Le principe de l’atelier est de proposer des consignes agissant comme des contraintes, qui, au lieu de bloquer l’écriture, la favorise et la libère.
  2. Partager nos textes. On ne réalise pas le bénéfice de donner à voir ses textes, de se laisser imprégner par l’écriture des autres participants ; on sous-estime la force du groupe comme allié dans la découverte et le déploiement de son écriture.
  3. (Se) Découvrir. Bien sûr, un atelier d’écriture est fait pour découvrir son écriture, mais souvent cette découverte s’accompagne d’une découverte de soi, à travers l’écriture… Le meilleur bénéfice ?
Quel projet ?

Pour choisir son atelier d’écriture, se poser les questions suivantes : de quoi ai-je besoin/envie ? J’attends quoi de mon écriture ? Est-ce que j’ai un projet d’écriture ?

Par exemple, les besoins peuvent être : je me sens bloqué ; j’ai juste envie d’écrire ; je pratique mais je trouve mon écriture pauvre et répétitive. Il existe plein d’ateliers d’écriture qui proposent des séances découvertes, c’est un bon moyen de se tester !

Les attentes sont parfois plus difficiles à cerner : dépasser ses peurs, mais sans trop savoir lesquelles ni d’où elles viennent ; espérer un signe, un déclencheur qui va d’un coup nous libérer ; ou encore, attendre une attitude bienveillante qui va nous montrer le chemin. Trop d’attentes, ou des attentes implicites, mal définies, peuvent brouiller vos choix et apporter plus de déceptions que de bénéfices. Savoir poser ses objectifs avec l’animateur est donc important surtout si un projet vous tient à cœur.

Avoir déjà un projet d’écriture vous place dans une démarche différente. La demande est claire, mais l’objectif peut-être plus difficiles à remplir. Vous pouvez être à la recherche de votre propre style ou de votre voix ; vous pouvez vous sentir bloqué dans la construction de votre projet à un stade plus ou moins avancé ; vous pouvez être à la recherche d’outils, d’aide, pour vous engager dans un processus à long terme. Le séminaire que je propose est fait pour répondre à ces demandes.

Mes ateliers d'écriture en résidentiel

Mes ateliers d'écriture en résidentiel se déroule sur une semaine, ce qui offre temps de repos, retrait du quotidien, immersion privilégiée.

Ils reposent sur une méthodologie originale, intégrant une dimension corporelle et d'intériorisation. Cela permet à chacun de se reconnecter à soi, à s'appuyer sur son ressenti interne pour une écriture plus spontanée et fluide. Ainsi les temps d'écriture et les temps de pratiques corporelles ou d'intériorisation s'entrelacent.

Mon objectif est d’abord que chacun puisse explorer la puissance de la rencontre entre sensoriel et écriture : une expérience sensorielle – corporelle, mais aussi par la participation de tous nos sens – devient le prétexte, l’ouverture, à une écriture ancrée et plus authentique ; à l’inverse, l’écriture est opportunité de déployer en mots la richesse de son expérience personnelle.

Enfin, je propose des séances collectives d’exploration de son projet, quel qu’il soit, d’écriture personnelle, d’essai, ou professionnel. Cela permet de découvrir les outils et processus propres à un projet d’écriture à long terme, comme sa structure, son rythme, ou sa cohérence.

Alors, maintenant, quelle va être notre histoire ?