Stage pour écrivants - Avril 17

par Didier Austry

La session de printemps de mon séminaire d’écriture pour écrivants s’est déroulé du 10 au 14 avril, toujours dans ce lieu ardéchois inspirant, le Domaine Le Trouillet (voir la page FaceBook et le site). Comme à chaque fois, j’ai été heureux de retrouver ce lieu ressourçant et porteur et d’y animer de nouvelles pages d’écriture !

 L’objectif

Nous nous sommes donc retrouvés à six participants (plus deux accompagnants !) pour une semaine d’aventures sensorielles, d’écriture et de recherche autour de nos projets d’écriture. L’objectif de ce séminaire est aussi bien la pratique de l’écriture elle-même que l’installation dans son projet d’écriture au quotidien et dans le long terme. Je reprends le terme utilisé par Rozenn Guibert, écrivants, dans son livre, parce que l’écriture n’est pas l’apanage de professionnels, les écrivains par exemple, et qu’elle se découvre et se goûte et se déploie, pour tout un chacun.

Le lien entre présence et écriture

Pour ces séminaires d’écriture, ma méthodologie mobilise deux outils : 

* Le processus en U mis au point par Otto Scharmer (cf. son livre, Théorie Uréédité par les éditions Yves Michel ). Ce processus me sert de guide, tout au long de la semaine, favorise l’évolution du groupe et l’émergence de la nouveauté.  

* La pédagogie perceptive (voir le site), base de mes pratiques gestuelles et méditatives.

L’intention est que chacun puisse (re)trouver son lieu personnel d’authenticité et d’inspiration et puisse surmonter blocages et obstacles. L’expérience montre la puissance de cette reconnexion à soi-même, toucher ce lieu de présence est un atout majeur dans le renouvellement et le déploiement de son écriture.

La pratique d’une écriture sensorielle

Dans cet esprit, nous avons multiplié les expériences sensorielles, méditation, pratiques en mouvement libre et en musique, ou encore une belle balade au jardin Pimprenelle (le site).

Notre groupe au jardin :

atelier ecriture didier austry

Chacune de ces pratiques était l’occasion d’expérimenter un nouveau régime d’écriture et d’enrichir celle-ci tout en vivant pleinement l’expérience elle-même.

La construction d’un projet d’écriture

Avec ces pratiques sensorielles, l’autre spécificité de mon séminaire d’écriture pour écrivants est l’exploration de son projet d’écriture, qu’il soit déjà avancé, embryonnaire ou même dans les limbes, et qu’il soit roman, nouvelle ou même essai.

Pour moi, inspiré des préconisations de Stephen King (dans son très bon livre Écriture) et Bruno Tessarech (dans son livre L’atelier de l’écrivain), je préconise de se lancer dans un projet d’écriture avec une situation de départ – idée, texte premier, scène tirée de notre vie quotidienne… C’est celle-ci qui permet de découvrir et d’installer les personnages importants, et de commencer à déployer l’histoire à travers des scènes clés.

Dans un second temps, et seulement dans un second temps, on y cherche la thématique sous-jacente qui va donner au projet son unité et sa valeur. Cette détermination peut même survenir plus tard, en milieu ou fin de parcours, et peut tout aussi bien se transformer avec le déploiement de l’écriture, qui, souvent, nous emmène dans des sentiers non prévus !

Tout aussi fondamental est la détermination de la posture et du point de vue narratif. Choix classique, décision pas forcément première, mais incontournable pour le développement et la cohérence du projet.

Enfin, j’attache aussi beaucoup d’importance à que soit claire la distinction entre la posture de l’auteur et celle du narrateur, ce qui pousse les écrivants à de positionner par rapport à leur projet : motivations, enjeux personnels, contexte familial ou social. Tout projet d’écriture est aussi projet de vie, à un moment ou un autre…

Nous y avons donc vécu des séances impliquantes et intenses, mais surtout productives et déclenchantes pour les participants ! Une belle conclusion pour une semaine riche et qui nous laisse des souvenirs chaleureux mais aussi de la motivation pour se lancer ou poursuivre.